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Un reportage d’Infos-Togo
A l’initiative des compatriotes de la France, la diaspora togolaise en Europe s’est mobilisée autour de l’ex-Ministre de l’Intérieur, le commandant Esso Boko, ce Samedi 04 Février 2006 à Paris dans le cadre d’une conférence de presse.
Devant une salle archi comble de politiciens togolais et Européens, des personnes de la société civile et des journalistes internationaux notamment MM. Kofi Yamgnane, un représentant des écologistes français , Masseme Alphonse Kokouvi ex-Ministre de l’Intérieur de la transition politique togolaise ( 91-92 ) , Ouro-Djikpa Tchatikpi, Président du bureau provisoire de la Diaspora togolaise en Europe, Jean Kissi, ex-Secrétaire Général de la Dilt Fatal en Allemagne, Tomekpe Augustin, le Chargé aux Affaires Extérieures de la Dilt Allemagne, Justin Alofa, Président de la Diastode Belgique ,Ata-Ayi Jacob, représentant résident d’Infos-Togo en France,de Marie Roger Biloa de Africa International et des chaînes de télévision Françaises et africaines.
La rencontre débuta par une minute de silence à la mémoire des victimes de l’intolérance suivi des deux couplets de l’hymne national (Terre de nos aïeux).
La grande star togolaise, Fifi Rafiatou rentra alors en scène avant que n’intervienne le mot de bienvenue du président de l’organisation M. André Johnson. L’intermède musical fut assuré par la star togolaise et sa consoeur Ivoirienne Douty Z.
Au podium, on remarquait la présence de MM Atsutsé Kokouvi AGboli, André Johnson, Me François Esso Boko , Evariste DEH Kofi et Koffi Komdedzi Folikpo.
Tout se passait sous l’œil vigilant des organisateurs tels Zepp Koueté, Joel Viana, Président de la Diaspora Togolaise en France et de Jean Adolehoume, modérateur de la conférence ainsi que d’une armada de forces de sécurité en civil.
La conférence s’est déroulée autour de deux thèmes qui sont les suivants :
1) Comment restaurer la République et créer les conditions d’une alternance et d’un véritable Etat de droit ?
2) Le Togo, une réconciliation ´hypothéquée ?
Après un brillant exposé desdits thèmes respectivement par MM Atsutsé Kokouvi AGboli et Koffi Komdedzi Folikpo et la présentation de l’éloquent discours du principal invité d’honneur Me François Boko, un débat constructif s’en est suivi et marqué par l’intervention entre autres de M. Ajavon, ex-Directeur Général des mines qui vit depuis 26 ans en exil, et M. Eklo patrice membre du RPT qui a tenté de faire diversion à travers une déclaration concoctée dans les laboratoires de Lomé II juste pour dénigrer comme c’est l’habitude de la maison ceux qui quittent les rangs de ce parti de malheur.
Le commentaire des uns et des autres permettra de comprendre ce qui a sous-tendu la rencontre de la diaspora avec Boko :
Très détendu, Me BOKO sa détermination à tout mettre en oeuvre pour "refuser la résignation car pour lui, la liberté ne s'octroie pas mais doit être arrachée".
Il prône l'union sacrée des forces démocratiques car selon lui, aucune force ne peut à elle seule, gagner ce combat.
"Que les partis du progrès qui ont toujours combattu le régime ne doivent pas fermer les portes à des opposants de dernière heure comme lui, car je cite :"les vendanges tardives peuvent faire du bon vin".
Il a également souligné qu'il ne sert à rien d'appeler à des élections si elles n'engagent en rien le président de la république. Pour lui, il faut revenir sur la constitution de 1992, celle approuvée par le peuple et uniquement ça.
"Organiser une table ronde à l'issue de laquelle, un accord politique doit être trouvé pour sauver la paix pendant qu'il est encore temps."
- Restructurer l'Armée; distinguer la gendarmerie de l'armée.
- Maîtriser les effectifs de cette armée afin de permettre aux jeunes de cette armée de ne pas effectuer les basses besognes pour avoir des promotions.
A la question d'un militant du RPT, pour le salir, il a du entrer dans certains détails sur le trafic de drogue au Togo. Il en ressort que ce n'est seulement pour son "refus de la solidarité dans la bêtise" qu'on veut l'éliminer mais que par rapport à la drogue car l'Etat togolais est un état voyou.
Il condamne la gouvernance festive qui a cours au Togo maintenant. Il a cité toutes les dates qui font office de fête pour le RPT.
- Il faut absolument donner une suite judiciaire au rapport de l'ONU établissement les faits au Togo à la suite des dernières élections.
-Les sempiternels dialogues ont montré leurs limites.
Quant au militant du RPT, Mr EKLO, qui est venu sur ordre, il a obligé Mr Boko à révéler le complot du faux passeport que le RPT voulait délivrer à Mr G. Olympio, à partir d'une signature scannée pour établir ce passeport. Il a donc refusé de faire un faux etc.
Prenant la parole au cours du Débat, Mr Eklo commence par un adage « En politique les choses ne sont jamais ce qu’elles paraissent être. » L’histoire de dire au peuple togolais qu’il faut se méfier de Mr Boko. Car dit-il : « les alliées d’hier ne deviennent les accusateurs d’aujourd’hui qu’après s’être puissamment enrichi. Le pionner en la matière Agbéyomé Kodjo ne me démentira pas. »
Concernant d’abord la présence d’un membre du RPT dans la conférence Mr Boko a estimé que de telles réactions émanant du R P T sont intéressantes pour le débat : « Le fait que dans une réunion publique tous les partis politiques où tous les représentants puissent intervenir est la preuve que nous pouvons construire notre pays dans la discussion et dans la sérénité. »
Ensuite il renchérit en reconnaissant tout simplement que la vérité d’hier peut constituer l’erreur d’aujourd’hui : « Nous avons effectivement au Togo durant des décennies choisi le métier des armes. Nous avons trouvé une situation de conflit entre des individus qui ne se parlent pas, entre les togolais qui pourtant partagent le même territoire et qui n’arrivent pas à s’entendre sur l’essentiel. Les uns privilégiaient l’épreuve de force, les autres privilégiaient l’épreuve de rue... nous avons fait ce qu’on pouvait jusqu’au moment nous nous sommes rendus compte qu’on peut faire autrement les choses. Est-ce dire que faire autrement les choses veut dire trahir ?
Il poursuit en s’adressant directement à M Eklo : « ...vous me connaissez, vous venez dans mon bureau, nous discutons. Franchement si vous êtes honnête ce dont on parlait dans mon bureau était-ce différent de ce que je viens de vous dire ? ... Nous avons discuté sur le fait que les Kabyé étaient nombreux dans l’armée togolaise et qu’il fallait faire en sorte que cette armée soit formée...
Nous avons dit également que le RPT à un moment donné doit partager le pouvoir avec l’opposition...Je souhaite que vous, qui êtes du RPT, lorsque vous retournez à vos chefs, vous leurs transmettiez le message des gens avec qui vous pouvez entreprendre un projet. »
Le fils de l’ancien baron du RPT Yao Kunalé Eklo tente ensuite de remettre en question l’intégrité éthique du ministre Boko lorsque celui-ci, selon ses dires, « s’est farouchement opposé à la restitution du passeport d’Olympio alors qu’il en avait reçu l’ordre ferme du président de la république ?
Concernant cette question M.Boko a souligné que l’histoire du passeport de Gilchrist Olympio était un piège qui lui a été tendu mais qu’il a su déjoué à temps « ... j’espère que vous n’êtes pas naïf pour ne pas savoir que l’histoire du passeport de Gilchrist Olympio était un piège dans lequel j’ai refusé de tomber. Je ne voulais pas faire livrer à M.Olympio un faux passeport... j’ai refusé... parce que premièrement, la signature de Gilchrist Olympio a été scannée et m’a été remis par le ministre Pitang pour établir le passeport et c’est pour éviter que l’histoire retienne que j’ai remis un faux passeport à Gilchrist Olympio que j’ai refusé d’établir le passeport.
Mr Pitang Tchalla a rapporté les faits au président de la république. Je me suis expliqué avec le président de la république et sur insistance de ce dernier j’ai remis le passeport mais j’ai pris le soin de faire savoir à l’intermédiaire de Gilchrist Olympio que c’était un faux passeport. »
M.Boko a rajouté que le RPT a scanné la signature de Gilchrist et cette signature avait servi à la production d’un tract pour prouver qu’il voulait attaquer militairement le Togo.
M.Eklo dans sa série d’interrogations indiquait clairement que M.Boko était impliqué dans les trafics de drogue au Togo : « Comment croire en l’honnêteté d’un ministre qui organise lui-même l’évasion de prévenus dans le cadre d’une enquête sur un vaste trafic de cocaïne au Togo ? Et qui entache le Togo entièrement ? »
Sur les questions de la drogue l’ancien ministre de l’intérieur a montré clairement qu’il connaît très bien le dossier dans la mesure qu’ il fut le premier des ministres de l’intérieur togolais à ouvrir le dossier concernant le trafic de drogues.
Il retourne la question à M.Eklo en ces termes :
« Vous demanderez à vos amis français et au clan Gnassingbé, qui a pu commander le bateau de drogue jusqu’au port de Lomé ? »
Vous demanderez à vos amis français, bien que les hautes autorités refusaient, qui a signé l’autorisation d’arraisonner le bateau conformément à l’article 17 de la convention de Vienne de la lutte en haute mer contre le trafic de drogue. »
Par ailleurs il souligne que c’est la marine française qui a arraisonné le navire avec (412 kilogrammes de cocaïne) sur demande des autorités espagnoles.
A la question sur le commanditaire de la drogue, M. Boko a tenu à rester dans la limite du respect des ses fonctions ministérielles et du secret d’Etat : « En tant que ministre de l’intérieur je ne le dirais pas mais vous vous rappelez de cet adage "du voleur surpris en flagrant délit de vol qui pour qu’on ne sache pas que c’est lui-même le voleur crie rapidement au voleur..." Cette réponse de l’ancien ministre est claire : on en déduit que c’est le régime et que la présidence devait être impliquée.
Le ministre de l’intérieur a profité pour envoyer un message aux autorités de Lomé « le dossier de la drogue, la France, l’Allemagne et les Etats-Unis le savent, ils savent qui a fait quoi et je vous dis, les menaces qui pèsent sur ma personne ne sont pas liées à la politique, c’est pour des raisons de trafic de drogue. Nous avons ouvert des dossiers qui sont gênants »
Il précise par ailleurs que s’il ne veut pas livrer ces dossiers, ce n’est pas pour les beaux yeux du régime car dit-il, il a une certaine idée de la fonction d’Etat. Cependant lorsque les circonstances l’exigent il s’exprimera dans la mesure où il refuse de jouer et de servir indéfiniment de fusible. Il rappelle toujours aux autorités de Lomé que c’est la justice espagnole qui a ouvert le dossier. Cet élément doit amener les partenaires internationaux à comprendre ce qui se passe au Togo et qu’il est question d’un problème d’Etat voyou.
Il ajoute qu’aujourd’hui son combat c’est le rétablissement des vérités : « Mon combat c’est que ce dossier soit ouvert tout comme le dossier Montoya. Je suis content de pouvoir apporter ma contribution. »
Mr .Eklo Patrice réattaqua de nouveau : Comment comprendre ce même ministre qui dit lutter contre la pauvreté au Togo qui dans le même temps construit un palais qu’il loue au PNUD à des millions de franc CFA mensuellement et dont la construction ne peut être justifiée par le seul salaire de poste de ministre qu’il occupe ?
Réponse de Me Boko :
En ce qui concerne mes nombreuses richesses, j’ai une maison à Lomé, c’est le seul bien que j’ai. La preuve de l’honnêteté n’est pas la pauvreté.
Il a précisé également que les rumeurs sur le financement de ses études par le régime étaient fausses puisque revenu au Togo en 1988 comme officier, il a demandé à continuer ses études. Sa demande de bourse à l’Etat togolais fut refusée. A son arrivée en France,il a financé la première année de ses études en travaillant à côté. C’est par la suite qu’il a obtenu une bourse grâce à l’aide d’ une fonctionnaire du PNUD qui était présente dans la salle et qui fut ovationnée par l’assistance.
Pour finir, il a justifié ses sources de revenus en parlant de son grade de commandant, ses différentes activités de consultants, et les cours qu’il donnait dans une université italienne, en précisant que tout cela était vérifiable.
N’en pouvant plus, Mr Patrice Eklo pourtant bien rodé dans les laboratoires de Pitang Tchalla et de kofi Panou fut obligé de prendre le chemin de la porte et partant de là , confirmer l’intégrité de l’ancien ministre l’intérieur..
La présence de militants déclarés du RPT à la rencontre citoyenne organisée par la diaspora togolaise en Europe a permis à tout un chacun de se faire une idée sur la gestion chaotique sous la quelle croupit notre pays. et surtout de réaliser le danger permanent dans lequel se trouve le soldat courageux qui a refusé les intérêts égoïstes pour se placer à côte du peuple.
Notons que Me Boko a tenu aussi à remercier l’ex ministre Allemand des affaires étrangères Mr Joschka Fischer pour le rôle on ne peut plus salutaire qu’il a joué dans son exfiltration de l’ambassade d’Allemagne au Togo.
Me Esso Boko a convaincu toute l’assistance à travers la justesse de sa vision, la portée de ses propositions et la détermination qu’il a affichée tout le long des débats
En citant Frantz Fanon dans sons discours «chaque génération découvre sa mission, la remplit ou la trahit», Me Esso Boko interpelle la jeunesse à une nouvelle forme de lutte qui consiste à donner une seconde indépendance au Togo.
Fait à Paris, le 04 février 2006.
Pour la rédaction d’Infos-Togo www.infostogo.de
Ouro-Sama Chariffou
Ali Tchassanti
Amedjoua Issaka
Tchaa Koli Abdoulaye
Les images de la conférence |
du 04 Février 2006 à Paris |
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