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Écrit par Essohanam H.
Jeudi, 25 Mars 2010 17:51
Depuis la confirmation de la victoire de Faure Gnassingbé par la Cour Constitutionnelle, le régime ne cesse de lancer des invitations à l’opposition pour qu’elle entre dans le prochain gouvernement. C’est Bamnante Komikpime, l’un des barons du régime qui, après le lynchage du gendarme en civil et en arme hier soir à la veillée organisée par le FRAC, a encore relancé l’appel à l’UFC et au FRAC pour la constitution d’un gouvernement.
Pour l’instant, le RPT attend encore la réponse à son invitation. Peut-être les partis attendent-ils d’abord la démission du premier ministre et la nomination d’un nouveau avant de réagir. D’ores et déjà, certains partis seraient prêts à entrer dans le nouveau gouvernement. A commencer par le PRR de Nicolas Lawson. Le vindicatif opposant anti-UFC qui a reconnu la victoire de Faure Gnassingbé, s’était déjà déclaré prêt à une éventuelle collaboration.
Me Tchassona du MCD, éphémère membre de la coalition de dernière minute regroupant le CAR, la CDPA et l’OBUTS, a reconnu également la victoire de Faure Gnassingbé et est disposé à collaborer. Il est en de même de l’UDS-Togo d’Antoine Folly. Mais ces partis sont considérés comme des sous-fifres sous l’échiquier politique. Reste maintenant le cas du CAR, de la CDPA, de l’OBUTS, de l’UFC et du FRAC.
La CDPA n’a pas reconnu les résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle. On attend de voir la position de ce parti dans les tout prochains jours. Le CAR également n’a pas reconnu la victoire
improbable de Faure Gnassingbé et a déclaré par communiqué de presse compter entrer également dans la rue. Par ses prises de positions médiatiques, OBUTS est dans une stratégie radicale et dans les conversations en privé, son leader écarte toute possibilité de participer à un gouvernement Gnassingbé. Engagé au côté du FRAC et président le Collectif pour la vérité des urnes (CVU), Agbéyomé Kodjo serait-il prêt à aller au gouvernement comme le pensent ses détracteurs?
Qu’en sera-t-il de l’UFC et du FRAC ? L’invitation n’est pas destinée au FRAC, dont les leaders, tous des faucons qui regardent de manière condescendante le régime en place, ne sont pas encore disposés à
entrer au gouvernement. Le cas de Kofi Yamgnane est révélateur de ce refus de collaborer. Le président de Sursaut-Togo aurait humilié Faure Gnassingbé à Paris qui lui a demandé d’être son Premier ministre. M. Yamgnane aurait fait part de sa convoitise pour le fauteuil présidentiel et aurait voulu savoir ce qu’il ferait d’un poste de Premier ministre dans la situation politique actuelle du Togo. Ses adversaires
Soutiennent le contraire. Les positions de PSR d’Abi Tchesa, de l’Addi d’Aimé Gogué et l’Alliance de
Dahuku Péré, sont inconnues pour l‘instant. Mais une entrée de ces partis au gouvernement ne leur sera pas profitable sur le plan de la géostratégie, leur parti ayant une forte implantation au Nord, ils se
couperaient de leur base.
La grande question reste l’attitude de l’UFC. Ce parti a officiellement 33% mais revendique la victoire de la présidentielle de mars 2010. Par rapport au score des autres candidats, ce parti est le seul qui donnerait vraiment crédibilité à un gouvernement d’union ,si jamais il décide d’y rentrer en abandonnant la revendication de sa victoire.
Le Togo, Faure Gnassingbé ne l’ignore pas, n’est pas sorti de la crise et sa « victoire improbable » ne fait qu’enliser le pays de nouveau dans la crise. Et l’entrée en résistance de Jean-Pierre Fabre, une entrée au gouvernement pour disposer des leviers de pouvoir n’est pas possible. Le leader d’office de l’UFC aurait fort à gagner en restant peut-être dans une position radicale face à un régime décrié, d’autant plus qu’une participation au gouvernement dans des conditions peu satisfaisantes- la révision de la Constitution et la réforme du code électoral, par exemple, ne pourra que désorienter son électorat.
Mais le pouvoir pourrait profiter de la situation de crise à l’UFC pour débaucher certains de ces cadres et affaiblir ainsi Jean-Pierre Fabre. C’est de là que viendrait alors la surprise en ce qui concerne le prochain gouvernement d’ouverture. Les sautes d’humeur de Gilchrist Olympio, les menées subversives des AGO décidés à en découdre avec Jean-Pierre Fabre, la défection de certains députés UFC de Lomé, sont des atouts que le pouvoir voudrait mettre à profit. Depuis des semaines, le site officiel du gouvernement, devenu la caisse de résonnance de Gilchrist Olympio, laisse à voir la volonté du président national de l’UFC de faire payer au trio Jean-Pierre Fabre, Patrick Lawson et Isabelle Ameganvi, leur outrecuidance de l’avoir écarté de la course à la présidentielle. Une seule chose pourrait mettre fin à l’entrée possible des cadres félons de l’UFC au gouvernement, la prise en main rapide du parti par Jean-Pierre Fabre. C’est loin d’être acquis d’avance.
( www.mo5togo.com )
Dernière modification: 26.03.2010 à 17:11
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