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Écrit par Sefenya Dzaké
Samedi, 20 Mars 2010 17:39
C’est désormais officiel, Fabre et le FRAC lancent la première opération de conquête du pouvoir, le mercredi après-midi à 17 heures. Ce sera une veillée, une espèce de messe de requiem pour le régime de Faure Gnassingbé. Les populations sont invitées à venir avec des bougies allumées, la procession du FRAC occupera la rue à cette heure. Pourquoi, lancent les jeunes gens excités de passer dès lundi aux opérations ? « Avant d’enterrer un régime, il faut faire sa veillée », dit ironiquement et symboliquement le président autoproclamé.
Le second test de mobilisation de la population en vue de la conquête du pouvoir par Jean-Pierre Fabre semble avoir dépassé les attentes des organisateurs. La mobilisation de ce samedi est encore plus importante que celle du samedi dernier. Les gens sont tellement sortis nombreux qu’à certains niveaux de l’itinéraire, les forces de l’ordre empêchaient les retardataires de prendre en marche le train de l’impressionnante procession, notamment au niveau de l’Ecobank Assivito où les petits commerçants ont voulu se joindre à la foule. Preuve qu’une majorité de la population à Lomé, malgré la confirmation des résultats par la Cour Constitutionnelle est déterminée à soutenir Jean-Pierre Fabre, l’UFC et le FRAC dans leur stratégie de conquête du pouvoir.
Comment cela pourrait-il être autrement, tous les analystes s’accordent aujourd’hui à reconnaître que ce qui s’est passé le 4 mars, si le pouvoir ne change pas, les urnes n’auront plus aucun sens au Togo, c’est la ruine du suffrage universel. «Le président élu» Jean-Pierre Fabre lui-même s’est fait l’écho de cette préoccupation lors de son intervention : « Cette fois-ci, ça ne doit plus se passer comme par le passé. Si nous laissons faire, nous détruirons à jamais la capacité des Togolais à aspirer au changement ». L’appel de Fabre à la résistance dépasse donc la simple réponse au vol d’une élection, chose somme toute banale dans l’histoire du processus démocratique au Togo depuis 1993 jusqu’aux massacres avant, pendant, après la présidentielle d’avril 2005. Il s’agit de donner aux populations l’espoir de croire à la faisabilité de la démocratie au Togo, l’espoir qu’un autre monde est possible et qu’elles ne connaîtront pas que la souffrance sans fin des Gnassingbé. Et Fabre l’a peut-être trop bien compris et il ne demande qu’à être pris au mot : « quand nous parlons de mobilisation populaire et de conquête du pouvoir, ce n’est pas de vains mots, ce n’est pas du folklore. » Pour preuve, les ténors du FRAC sont toujours aux avant-postes, le candidat autoproclamé en tête. Ce samedi, seul Kofi Yamgnane est absent, parti à Bassar pour sonner l’hallali de la mobilisation, selon son alter ego Sam Djobo. Agbéyomé Kodjo qui vient de rejoindre le groupe avec son Collectif pour la vérité des urnes, sait comme d’habitude redynamiser une foule. Avec son «Faure be Agban Agbodi ! » (Que Faure dégage !» en mina), le président de l’OBUTS a montré encore une fois qu’il sait subjuguer la foule et répondre à ses attentes. Mais c’est Dahuku Péré, qui prend des galons de tribun, qualité qu’on ne lui connaît pas du tout lorsqu’il était au RPT. Il sait se montrer virulent, lui d’ordinaire si pacifique dans ses propos. «Il n’y a aucune loi qui interdit la marche pendant les jours ouvrables, nous braverons leur soi-disant interdit. Nous avons juré d’aller jusqu’au bout, nous irons jusqu’au bout et s’il le faut jusqu’au sacrifice suprême pour un Togo libre », dira-t-il au cours de ce meeting bref, où la plupart des intervenants se sont montrés très laconiques. Patrick Lawson dira à sa suite que quand il s’agira de lancer les pierres et de brûler, «les leaders seront les premiers à montrer la voix », histoire d’instruire la foule du caractère non-violent mais déterminé de leur démarche.
Foin de la communauté internationale !
Même la reconnaissance du bout des lèvres de la réélection de Faure Gnassingbé par la France, n’inquiète outre mesure le FRAC. « On n’a pas besoin de savoir si Sarkhozy a reconnu l’élection de Faure », dit Fabre avant d’asséner sur un ton très british, la proximité de la frontière ghanéenne aidant peut-être : « la communauté internationale ? Don’t care about it ! Mille messages de félicitations peuvent pleuvoir, cela n’entamera en rien la détermination du FRAC à aller jusqu’au bout. Le Togo appartient aux Togolais, c’est au peuple togolais de décider de celui qui doit les diriger».
La France à la suite de la Chine, de l’Union Africaine, de l’Unesco, du Burkina Faso et du Bénin, viennent en effet de reconnaître les résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle. Au FRAC, on ne fait pas mystère des contorsions diplomatiques qui se font au sein des officines de ce qu’on appelle la Communauté internationale. Cette communauté qui change d’opinion comme on change d’habit.
Rendez-vous est donc pris pour mercredi le 24 mars 2010 à 17 heures !
( www.mo5togo.com )
Dernière modification: 21.03.2010 à 09:46
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