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Les éléments de la FOSEP ont fait démentir les engagements du Président sortant, Faure GNASSINGBE, de conduire un processus électoral sans violence où le verdict des urnes devait être respecté ; et que s’il advenait qu’il perdait les élections, il se retirerait sans aucune résistance du pouvoir. Malheureusement les faits démontrent que le Président sortant conscient de sa défaite, a usé de toutes les méthodes les plus viles pour pervertir les résultats électoraux et tenter de se maintenir au pouvoir ad vit aeternam.
Il y a sans doute une raison objective, si la contestation gagne progressivement aujourd’hui toutes les régions et grandes villes du Togo. La confusion qui caractérise les agissements des membres du gouvernement sortant et de ses séides qui tentent d’aller à contre courant de l’histoire est très révélatrice.
Confronté à la gravité politique des incidents survenus lors de la veillée postélectorale du 24 mars dernier devant le siège de l’UFC, au cours desquels les agents de la FOSEP financés par l’Union européenne ont violemment pris à partie de paisibles citoyens qui manifestaient dans le calme, le gouvernement sortant a dû rencontrer les représentants des partis de l’Alternance. Cette rencontre, à laquelle participaient le Ministre d’Etat, Ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, celui de la sécurité et de la protection civile, le Commandant de la FOSEP, le D.G de la Police nationale, les leaders du FRAC et le Président de OBUTS, a eu lieu le vendredi 26 mars 2010.
Les discussions ont essentiellement porté sur les violences postélectorales, l’épineuse question des détentions arbitraires des militants de l’opposition et la sécurité lors de la manifestation prévue par les partis de l’Alternance le samedi 27 mars 2010. Pour la première fois, depuis le 4 mars 2010, il est à noter que le gouvernement sortant exprime dans un communiqué officiel rendu public des regrets pour les violences commises par les agents de la force publique à l’encontre des militants des partis de l’opposition, et présente sa compassion et des vœux de prompt rétablissement aux victimes.
Cette reconnaissance officielle apporte la preuve, que la violence postélectorale déclenchée depuis le 4 mars, dont nous avons été jusqu’ici victimes et que nous n’avons jamais cessé de dénoncer, n’est pas une vue de l’esprit, comme le pouvoir sortant et ses séides nous l’ont jusqu’ici souvent reproché, mais au contraire recouvre bien une réalité, celle de la vérité.
Mais cette reconnaissance reste limitée, dans la mesure où le communiqué officiel ne mentionne pas le sort des prisonniers politiques des partis de l’alternance, transférés à Kara, au mépris des règles de droit, en violation des règles de compétence « ratione Loci » des tribunaux du Togo, et dont les leaders de l’Alternance ont pourtant demandé la libération immédiate. A la demande des familles, Il y a lieu de rajouter les noms de deux autres personnes enlevées : BENISSAN Têtêvi Jacob et GLOKPON Kokou Augustin.
Pour que la promesse du gouvernement sortant de se pencher sur cette épineuse question soit crédible, nos militants emprisonnés doivent être libérés dans les prochaines heures avec la prise en charge effective des soins hospitaliers en cas de torture. Nous jugerons aux actes !
Le gouvernement sortant en exprimant ses craintes à l’égard de l’organisation de la marche prévue pour ce samedi, en raison des risques de difficultés à maintenir le calme, compte tenu de la trop grande proximité avec les violences policières du 24 mars, reconnaît in fine ses limites et l’ampleur de la mobilisation du peuple contre ce énième coup de force électoral. Pour preuve, sa caisse de résonnance, republicoftogo.com, change de ton pour qualifier de : « la paix des braves » l’accord conclu hier entre le pouvoir sortant et les partis de l’Alternance.
Tout en faisant remarquer que les violences qui ont été commises jusqu’ici, sont à mettre à l’actif des forces de sécurité, pourtant censées maintenir la paix civile et non à celui des militants des partis de l’opposition, les leaders des partis de l’Alternance ont accepté, dans un objectif d’apaisement et avec le sens des responsabilités, de surseoir à l’organisation de cette marche et de la reporter au Samedi 3 avril 2010. Une fois de plus, les partis de l’Alternance au-delà de la douleur et de la colère légitimes des enfants du Togo tout entier, ont administré la preuve de leur maturité politique pour préserver la paix civile et éviter de nouveaux actes de barbarie sur nos paisibles populations.
Combien de temps Faure Gnassingbé et ses séides pensent ils pouvoir tenir encore et bénéficier de l’exceptionnel sursis que viennent de leur accorder les leaders des partis de l’Alternance pour reconnaître la vérité des urnes et tirer les conséquences qui s’imposent ?
A l’issue de cette rencontre un certain nombre de rappels et de mises au point s’imposent, en raison d’une part de la désinformation dans les médias internationaux sur la situation politique actuelle de notre pays, et d’autre part eu égard aux menaces et intimidations qu’avait proférées le Ministre de l’intérieur A. TITIKPINA, sur un ton provocateur, au journal de 13H00 GMT de la télévision togolaise le 25 mars dernier.
En déclarant : « Toute manifestation à caractère contestataire des résultats de l’élection présidentielle du 4 mars 2010 est strictement interdite sur toute l’étendue du territoire national », « Tout contrevenant à la présente disposition, s’expose à la rigueur de la loi », il s’inscrit dans le déni purement et simplement les droits humains inaliénables des citoyens togolais.
Cette déclaration démontrait le mépris manifeste du gouvernement sortant à l’égard de Loi fondamentale, qui autorise n’importe quel citoyen Togolais à exprimer son mécontentement à l’égard d’une décision du pouvoir politique ou judiciaire, voire la contester, dans la mesure où il le fait dans le calme et sans violence à l’égard d’autrui.
Ce que nous n’avons pas manqué de faire remarquer au ministre. Mais au-delà de ce point, il n’est pas inutile de rappeler un certain nombre de principes qui, selon nous, ne sont pas négociables.
Selon le principe édicté par la constitution du Togo : « Art. 2 - La République Togolaise assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, de sexe, de condition sociale ou de religion. Elle respecte toutes les opinions politiques, philosophiques ainsi que toutes les croyances religieuses. Son principe est le Gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Sa devise est : Travail - Liberté - Patrie " », les déclarations du Ministre de l’intérieur ne sauraient se substituer aux lois en vigueur sur le territoire du Togo.
Par ailleurs la même loi fondamentale précise : « Art. 25 - Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion et d’expression. L’exercice de ces droits et libertés se fait dans le respect des libertés d’autrui, de l’ordre public et des normes établies par la loi et les règlements ».
Au nom de ces principes, auxquels est soumis le Ministre de l’intérieur dans l’exercice de ses fonctions, au même titre que tous les citoyens, soient-ils militants ou dirigeants politiques, toute manifestation pour la vérité des urnes à propos de l’élection présidentielle du 4 mars 2010, dès lors qu’elle respecte strictement les règles édictées par les articles 2 et 25 de la Constitution du Togo, relèvent de la plus parfaite légalité en matière de liberté de pensée, de conscience, d’opinion et d’expression.
Jusqu’ici, l’ensemble des manifestations organisées par les partis de l’Alternance ont strictement respecté ces principes et le droit de manifestation a été exercé « dans le respect de la liberté d’autrui » !
Au contraire de cette attitude pacifique des forces politiques des partis de l’alternance, la force publique, notamment la FOSEP (créée, organisée et dotée d’équipements militaires avec l’argent des contribuables européens et surtout français), n’a cessé de se livrer régulièrement depuis le jour du scrutin présidentiel, le 4 mars 2010, à des exactions et des violences physiques, multiples et variées, à l’encontre des militants et dirigeants politiques des partis politiques de l’opposition togolaise.
Cela nous ne l’inventons pas, il existe désormais suffisamment de films et de photographies pour en administrer la preuve devant n’importe quelle juridiction nationale ou internationale !
Pour masquer la réalité de ces exactions, ceux qui sont au service du pouvoir sortant, par l’utilisation abusive du site gouvernemental www. republicoftogo.com relayé sans vérification par Radio France International (RFI), alors que celle-ci est censée avoir des correspondants objectifs sur le territoire togolais, n’ont pas hésité à offrir une image déformée et non conforme à la VERITE sur le déroulement des événements dramatiques de la soirée du 24 mars 2010. Face à des photos et des films attestant des coups et blessures violents infligés aux manifestations, avec en parallèle des tirs de grenades lacrymogènes et ses conséquences pulmonaires sur des citoyens n’ayant nullement provoqués la FOSEP lors de la veillée organisée au siège de l’UFC.
En réalité, c’est bien l’infiltration des agents de la FOSEP qui ont été démasquée par les services des jeunes citoyens en charge de la sécurité de la manifestation qui a déclenché la confusion sanglante. En effet, un agent de la FOSEP a été appréhendé avec une arme à feu qu’il avait semble-t-il l’intention de déposer parmi les paisibles manifestants avec l’intention de faire porter la responsabilité aux organisateurs de la manifestation.
Conscients de l’erreur politique majeure commise le mercredi 24 mars 2010 au soir et de peur des représailles dans la hiérarchie de la FOSEP, l’ordre a été donné d’intervenir. Pourtant, l’agent appréhendé a été remis dans des conditions humaines et de dignité au responsable de la FOSEP sur les lieux, qui a reconnu publiquement qu’il s’agissait d’un de ses agents en « service ».
La veillée de prière pacifique organisée par le FRAC se déroulait normalement avant que n’interviennent brutalement à coups de tirs de gaz lacrymogènes et de matraques, les éléments les moins disciplinés de la FOSEP. Comment comprendre que pour sécuriser le retrait d’un gendarme armé au milieu des manifestants et appréhendé par les vigiles chargés de la sécurité du FRAC, les éléments de la FOSEP ont pu user d’autant de violence et de barbarie sur de paisibles citoyens qui manifestaient calmement leur désapprobation de résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle, inexacts, dénués de toutes preuves tangibles et donc frauduleux ?
Comment convaincre de la sincérité de la mission de sécurité dudit agent de la FOSEP qui lors de son interpellation s’est fait passer au préalable pour un journaliste de la chaîne privée LCF (un média connu pour être au service de Faure Gnassingbé), avant de décliner sa vraie identité par la suite ?
S’il est aisé d’asséner des contre-vérités pour déformer les faits, les images de la manifestation, des militants des partis de l’Alternance blessés, de même que celles de l’agent de la FOSEP en question, parlent d’elles mêmes et jettent le discrédit sur les déclarations faites par le Ministre TITKPINA et le commandant YARK de la FOSEP. Celle-ci n’ayant pas dérogé à la méthodologie permettant à postériori d’accuser les partis de l’Alternance s’est fait prendre le 24 mars 2010 à son propre piège. Les photos sont là pour servir de témoignage.
Ces méthodes d’abus de confiance posent le problème du respect de l’éthique au sein de la FOSEP. Si le " gouvernement sortant s’est engagé d’approfondir avec l’opposition la meilleure manière de sécuriser les prochaines manifestations des forces démocratiques au Togo", il faut qu’il prenne conscience que c’est la présence de la FOSEP sur le terrain qui est source d’insécurité.
Il ne faut pas s’étonner après les malheureux événements survenus de la réaction d’autodéfense d’un peuple largement meurtri par les violences et exactions récurrentes des forces dites de sécurité lors de manifestations pareilles où il y a souvent eu infiltration des éléments de la sécurité avec les débordements subséquents !
De nouveau, le mercredi 24 mars dernier, le peuple togolais a pu constater à ses dépens, que l’argent des contribuables européens a servi une fois de plus à des fins de violence organisée et de bâillonnement de la démocratie et non à sa promotion. De ce fait, le peuple togolais est légitime à s’interroger sur la finalité d’une coopération qui indirectement dans les faits, semble conduire de manière partiale et au mépris du droit, au maintien à tout prix du pouvoir sortant.
L’Union européenne est-elle consciente de son rôle dans le bâillonnement de notre démocratie ? L’Union européenne est-elle informée de la réalité des faits qui révèlent clairement que le pouvoir sortant détourne les soutiens financiers issus de la coopération et du soutien à la démocratie vers des objectifs non avoués de maintien, par tous les moyens, d’une dictature du statu quo. Les Etats qui ont envoyé leur félicitations formelles sans d’ailleurs prendre conscience de la présentation qui en est faite par le pouvoir sortant, sont invités à reconsidérer leur position en relation avec l’utilisation abusive et dolosive qui est faite de leur volonté d’aider le Togo à réussir la vérité des urnes dans des conditions transparentes et non travesties.
Plus que l’accord conclu le vendredi 26 mars dernier entre le pouvoir sortant et les partis de l’Alternance, toutes les filles et tous les fils du Togo ont été négativement marqués les déclarations du Ministre de la sécurité et de ses menaces. Au cas où le pouvoir sortant persisterait dans cette logique, ils ne peuvent que lui opposer légitimement les dispositions de la Constitution de notre pays pour défendre la République en péril : « Art. 45 - Tout citoyen à le devoir de combattre toute personne où groupe de personnes qui tenteraient de changer par la force l’ordre démocratique établi par la présente Constitution ».
Rien n’autorise qui que ce soit à se placer au dessus de la Constitution, et le pouvoir sortant en a conscience. A défaut d’être républicain, du fait de ses actes de violence caractérisée, le pouvoir sortant n’offre d’autre alternative au peuple souverain que de revendiquer haut et fort la pleine jouissance de ses droits constitutionnels.
Après la rencontre du 26 mars 2010 avec le gouvernement sortant qui a demandé avec humilité le report au samedi 3 avril 2010 de la manifestation et de la marche initialement prévues le 27 mars, et suite à l’acceptation des partis de l’Alternance soucieux de témoigner de leur haut degré de responsabilité et de volonté de paix ; il importe de ne pas assimiler ce report à une forme nouvelle d’interdiction de manifester qui pourrait se renouveler à l’approche de la nouvelle date fixée.
Les choses doivent être claires sur ce point ! Le report répond à une volonté des forces de l’Alternance de montrer au peuple togolais, aux communautés internationales et africaines qu’il y a une crise au Togo et que les partis de l’Alternance prendront leur responsabilité pour que la vérité des urnes triomphe, avec ou sans les chancelleries ayant opté pour un silence coupable.
Ainsi le report de la marche de ce samedi 27 mars 2010 ne saurait être considéré comme une abdication, et constituer un motif de démobilisation. Par cet acte, les leaders de l’Alternance apportent la preuve par excellence que seul prime l’intérêt supérieur du peuple Togolais, et que rien n’entamera leur inébranlable détermination à faire triompher la vérité des urnes.
Nous rassurons le peuple Togolais et sa diaspora sur notre inébranlable détermination à faire triompher ses droits, et invitons toutes les filles et tous les fils du Togo tout entier à ne point céder aux intimidations d’où qu’elles viennent.
La non-violence qui caractérise notre action revendicative, est notre meilleure garantie pour gagner la compréhension de la communauté internationale, et pouvoir montrer au monde de quel coté se trouvent au Togo les garants de la démocratie !
Nous devons continuer sans faillir dans cette voie !
Nous avons pris acte des intentions affichées publiquement par le gouvernement sortant et ne jugerons qu’aux actes !
Que Dieu donne à chacun de nous le regain d’énergie nécessaire pour tenir fermement jusqu’au rétablissement de la vérité des urnes !
Ensemble, défendons dignement sans défaillance et sans violence aucune, la République en péril !
En avant, la résistance citoyenne par les voies pacifiques, pour que vive la démocratie apaisée au Togo !
Fait à Lomé, le 27 mars 2010.
Agbéyomé KODJO
Président national de OBUTS,
Coordinateur provisoire du Collectif pour la Vérité des Urnes (CVU).
Dernière modification: 28.03.2010 à 07:58
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