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Reportage sur le Festekpe 2009 à Sokode- Togo

Posté par 24.01.2010
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LA DEUXIÈME ÉDITION DE FESTÉKPÉ COMME  SI VOUS  Y ÉTIEZ…

Près de 40.000 spectateurs venus de toute la zone Tém (Préfectures de Tchaoudjo, d’Assoli, des Cantons de Fazao et Kri-Kri, et des villages de Boulohou et Djarakpagan…), des autres régions du Togo, d’Afrique et d‘Europe ont répondu présents à la deuxième édition du FESTÉKPÉ (Festival National de Musique et Danses Traditionnelle Tém) qui s’est déroulée les 4, 5 et 6 décembre dernier au terrain de football de l’École Komah 1 à Sokodé.
Au soir du dimanche 6 décembre 2009, les initiateurs de ce Festival dont le thème reste ˝ LA CULTURE COMME ÉLÉMENT IDENTITAIRE ET FACTEUR DE DÉVELOPPEMENT” ont célébré le succès éclatant de cette édition qui est une preuve que ce  Festival a réussi déjà à s’établir comme évènement majeur.  Il a acquis ses lettres de noblesse et les populations s’en sont appropriées en raison de la participation massive et de sa fréquence. Mieux, ce Festival s’est inscrit dans l’agenda des événements culturels d’Afrique et du monde et sur les programmes des tours opérateurs pour le Togo. 
Ce résultat élogieux atteint en si peu de temps est certainement à mettre à l’actif de la rigueur, du savoir-faire et de l’obstination  des promoteurs de ce festival  tant de  la Diaspora que de  l’intérieur du Togo.
 Par rapport à l’édition 2008, FESTEKPE 2009 s’est illustré en plus comme un cadre d’échange entre la culture Tém et la culture européenne, à commencer par la culture allemande. Le concert de musique moderne et traditionnel à l’Institut Goethe à Lomé s’inscrit dans ce cadre. En effet, l’institut Goethe, cadre-symbole de la culture allemande a accueilli  le vendredi 27 novembre 2009 les  artistes togolais évoluant en Allemagne (Inouss Landoz et Maz) et Casino Fofana artiste de Kétékpé vivant à Lomé. Dans cette maison de la culture allemande, les sonorités Tém et  togolaises étaient reines.  Durant deux heures d’horloge, le nombreux public a été  tenu en haleine par un  spectacle de haute qualité qui a donné un avant-goût au Festival.
JEUDI  03 DÉCEMBRE  2009, JOUR “ J”- 1, SOKODÉ PRÊT POUR LE FESTIVAL
    Sokodé, la ville quasiment sinistrée porte héroïquement ses blessures. Milieu cosmopolite et accueillant, ici, les minarets  les mosquées côtoient dans une parfaite harmonie les églises catholiques ou autres portant leur  croix. Ce qui symbolise l’esprit d’ouverture et de tolérance qui caractérise les habitants de cette ville historique tout comme de l’ensemble du terroir  Tem.
Située au centre du Togo, à plus de 350 km de Lomé, Sokodé est la capitale de la zone Tem. Ici sévit un chômage endémique. La localité ne compte aucune usine, aucune entreprise pourvoyeuse d’emplois. Pis, le métier de transporteurs routier – chauffeurs-, comme on les appelle, ne nourrit plus son homme. La terre est devenue ingrate. Plus honnêtement, ici l’on n’a pas su s’adapter à son temps. On a conservé les mêmes et vieux méthodes et outils de production, comme si l’évolution, le modernisme, la technique, ne parlons même pas de technologie,  s’étaient arrêtés à la porte de la région. Le seul espoir de survie reste donc le rêve de l’exode. Partir vers d’autres cieux semble être la seule alternative pour échapper à la misère et l’incertitude politique et sociale.
En ce mois de décembre commençant, un vent frais de l’harmattan souffle sur la ville et bien sûr sur les hauteurs de l’école de Komah1, site choisi cette année, pour abriter le Festival.  Les milliers de motos et des voitures rivalisent d’hardiesse pour choisir, sur ce qui tient lieu de routes, les trous les moins profonds... En cette veille du Festival dont la première édition a marqué tous les esprits, la Métropole- Tém a retrouvé son sourire, sa fierté, à l’image de tout le terroir. Tout le monde attend l’évènement.
 Dans toutes les entrées de la ville trônent des banderoles à l’effigie du Festival, du sponsor principal: TOGOCEL, assorties du nom de la Marraine du projet, Mme Ilse Fliege, Consule honoraire du Togo auprès des États de Schleswig Holstein, Hambourg et Brême et de Togo Kultur Plus e.V, organisateur du Festival. Sur tous les murs des édifices publiques et privées sont collées des affiches à l’effigie  du champion de Kétékpé 2008, Irou Mila.
La commune de Sokodé, les préfectures de Tchaoudjo et  d’Assoli, les Cantons de Fazao et de Kri-Kris ainsi que les villages de Boulowou et de Djarakpagan sont habillés aux couleurs du Festival. Toute la zone Tém respire au rythme du Festival dont la première édition a fait des émules au Ghana et au Benin voisins où on dénombre une forte colonie Tém. Les radios régionales : Radio Tchaoudjo, Radio Méridien et Radio Venus ont réaménagé leur programme. Priorité : le Festival, à travers un impressionnant  travail d’information et de mobilisation. En effet des émissions synchronisées par toutes les radios et  animées par les responsables de Togo Culture Plus Bassirou AYEVA, Coordinateur général, Bodé Tchakoura, représentant national de Togo Culture plus et Mohamed Tchakala, vice représentant et président du Comité Technique Local. Ces émissions se sont déroulées sous la direction de Mohamed Tall, “ star “ du paysage médiatique et radiophonique Tém, une voix qui compte.   
Entre les courses pour les derniers réglages et les différentes démarches pour la mise en place finale de la logistique, l’équipe organisatrice n’a pas eu de temps de pause, surtout qu’elle devrait procéder avec les ( 16 ) groupes de Kétékpé inscrits pour la compétition au triage au sort de l’ordre de passage. Il s’agit de :

Ainsi, c’est en présence de Me Oumorou Aboubakar, Huissier de Justice que le tirage au sort s’est déroulé à la Mairie de sokode et  dans une ambiance quelque peu tendu, tant la détermination des compétiteurs et leur désir de se surpasser étaient grands.
Les résultats du tirage au sort se présentent comme suit.
Vendredi 04 décembre: 2009.
1. Kri-Kri,   Afadade ,   Tchimberi ,  Bingbabou, de Tchawanda   Bowounda

Samedi 5 décembre 2009

         Kideoude,  Bonnagana, Tcawanda,  AlibiII,  Agouloude   Agbandaoude.
         Bola   Soudou  Koloware   kemeni

 Dimanche 6 décembre 2009. Finale.
L’ordre de passage connu, les pronostics pouvaient bien commencer. Qui succèdera à Irou Mila et à son groupe? La question était sur toutes les lèvres.
                              VENDREDI 4DÉCEMBRE  2009, JOUR ”J “
Ce vendredi 04 décembre, tous les membres actifs de Togo Culture Plus étaient au grand complet. Ils étaient arrivés des États Unis d’Amérique, d’Allemagne, d’Angleterre, d’Espagne pour renforcer le Comité Technique Local basé à Sokodé et Bafilo et la représentation nationale arrivée de Lomé.
Les médias aussi étaient au complet Togoforum.com, savoir news, le patriote, R F I , Africa No 1 Radio Lomé, Togo presse etc
Mais Au paravent, une délégation de Togo Culture Plus, conduite par le Coordinateur Général, et le Coordinateur Chargé du partenariat et de communication, M. Ali Tchassanti, a effectué ce jeudi  une série de visite aux autorités politiques et communales de la localité.
Ainsi, dès  8 heures la délégation était dans le bureau de M. Tchemi, Tchambi préfet de Tchaoudjo. À celui-ci, les membres de la délégation ont expliqué l’esprit de Festival, rappelé son thème: “ LA CULTURE COMME ÉLÉMENT IDENTITAIRE ET FACTEUR DE DÉVELOPPEMENT “. Pour finir, Togo Culture Plus a présenté au Préfet, les trophées mis en jeu, les certificats de participation.
À la Mairie de Sokodé, la délégation a eu une importante séance de travail avec les locataires   des lieux en présence de M. Allassane Tchakpédéou, Maire de la commune de Sokodé. Au cours de la rencontre, les membres de Togo culture Plus ont plaidé pour une plus étroite collaboration entre la mairie de Sokodé et le Festival. M. Bassirou AYEVA a informé les autorités de la mairie que Togo Culture Plus basé en Allemagne est en pleine négociation afin de réaliser un jumelage entre la ville de Schwerin, capitale de l’État de Mecklenburg- Vorpomern et Sokodé. D’ailleurs la ville allemande a fait don d’un podium de 24 m2 à Togo Culture plus. Le maire de Sokodé et ses collaborateurs ont accueilli favorablement toutes les informations et promis d’être solidaire avec Togo Culture Plus.
L’étape de Komah, siège du Chef supérieur Tem, Ouro Esso, a été également enrichissante. En effet, ce Festival il faut le reconnaître repose sur la tradition et le patrimoine culturel Tém comme matière première. Et les gardiens de cette matière ne sont autres que les chefs traditionnels. Et quand on sait que malgré la politisation de la fonction de chef traditionnel et son instrumentalisation par le pouvoir politique, la chefferie Tém garde encore sa singularité, son prestige et son emprise sur les populations des villes et des villages. Voilà pourquoi l’adhésion des chefs de tous les coins des préfectures de Tchaoudjo et d’Assoli, des Cantons de Fazao et de Kri-Kri, ainsi que des villages de Boulowou et de Djarakpagan, adhésion réaffirmée par le Régent du trône de Komah, M. Abdelatif AYEVA en présence de plus d’une cinquantaine de chefs des cantons et villages les plus reculées ou parfois enclavés du périmètre Tém, a été un élément encourageant. En dehors de l’intervention du Régent, celle du Chef Canton de Kparatao a été particulièrement révélatrice de la justesse de ce projet de Festival et de la réaffirmation de l’adhésion des garants de nos us et coutumes. Le Chef OURO AGOUDA Soli ngobou de Kparatao, a en outre envisagé la création d’un “ village du Festival “. Précisons que Kparatao est  connu pour les hauts faits historiques des Rois Tém qui y ont marqué le royaume de tchaoudjo. 

LE TERRAIN DE FOOTBALL DE KOMAH1, TROP EXIGU POUR CONTENIR LES FESTIVALIERS
Dès les premières heures de ce matin de ce vendredi, les spectateurs, mélomanes de la musique traditionnelle, artistes compétiteurs et invités affluent de partout. Aux abords du site du festival, les  mini-bus arrivant des quatre coins du pays Tém transportant artistes et témoins de l’événement. À pieds ou à motos- Taxis également, le public afflue de partout. 15 heures 30, la place est bondée de monde. Les chefs traditionnels ou religieux, turbans ou chapeaux sur leurs têtes, bref toute la population a répondu présent. La fête pouvait bien commencer. C’est aux environs de 16h00 que M. Georges Oulégoh Kéyéwa, Ministre de la Communication et de la Culture, représentant le Gouvernement, est arrivé. La  présence du Ministre est symbolique du soutien de la République à ce projet culturel.
Le lancement effectif de cette seconde édition s’est fait au rythme du tam-tam parlant ou Soo. Puis vint la cantatrice ou Kéwadou. Dans un style singulier, très bouleversant, propre à la riche tradition Tém, l’octogénaire revisita l’histoire du peuple Tém. Elle égrena la liste des vertus du Royaume Tém dont la splendeur dépassait les frontières de l’actuel Togo. Elle invoqua les mânes des ancêtres pour que le FESTÉKPÉ s’incruste dans le patrimoine culturel Tém et que tout le peuple Tém où qu’il se trouve se l’approprie. Ce fut le tour de la cavalerie, un autre aspect la de variété de la culture Tém. Majestueusement, les chevaux esquissèrent des pas de danse sous la maîtrise de leurs dresseurs, véritable complicité entre l’homme et l’animal.
Puis Malou Ouro (chef religieux de la communauté musulmane) de Sokodé, procéda à la prière islamique. Il demanda à Allah de protéger tous les Festivaliers et de couvrir de succès cette initiative fédératrice.    
Une série de discours inauguraux succédèrent à cette oraison spirituelle. Ainsi, tour à tour, MM. Allassani Tchakpédéou, Maire de la ville de Sokodé, IRATEI et Abdoulatif AYEVA respectivement régent du trône de Bafilo et de Tchaoudjo se sont succédés à la tribune pour saluer les initiateurs de ce festival qui rassemble toutes les forces vives du peuple Tém pour qu’elles se réveillent pour lutter pour son épanouissement et pour sortir du cycle de la pauvreté. Après un tour de la danse Takaï par le village de Kparatao, le micro fut tendu au Coordinateur de Togo Culture Plus pour son mot. Cachant à peine sa joie et son émotion de voir autant d’hommes, de femmes et d’enfants venus assister à ces trois jours de fêtes, M. Bassirou AYEVA a essentiellement insisté sur la philosophie de ce festival à savoir : faire de la culture un outil du développement. «  Ce festival, a- t-il lancé à l’endroit de la foule, n’appartient pas à ses seuls initiateurs. Il est  à vous, peuple Tém de Tchaoudjo, d’Assoli, de Fazao, de Kri-Kri, de Boulohou, de Djarakpaga.  Il appartient à toutes et tous ceux qui s’engagent à faire de notre zone une zone d’attractivité, de vie… »   ..........,,
Mme Ilse Fliege n’ayant pu faire le déplacement du Togo, a envoyé son message que M. Ali Tchassanti a délivré au public. Une fois encore celle-ci a réitéré son engagement à accompagner ce projet qui, devait-elle reconnaître, est un vecteur de développement. La danse Kosso de Didaouré, exécutée par des femmes somptueusement habillées et dirigée par la reine- mère, vint saluer le mot de la marraine.
Et le Préfet de Sokodé, M. Tchemi prit la parole pour d’abord saluer les initiateurs du projet et  ensuite rappeler le rôle et la place de la culture dans le développement d’une ville, d’une région, d’un pays.
Dans son mot d’ouverture, le Ministre de la culture a également insisté sur l’importance de la culture dans la vie d’une communauté, d’une nation. Il a poursuivit en déclarant qu’il se propose d’inscrire FESTEKPE sur la liste des événements et sites du patrimoine culturel togolais dont l’inventaire aura lieu bientôt. Il a ému l’assistance en récitant les vers d’un poème intitulé « Bodé ». C’est dans une ambiance de musique et de danse du terroir que la cérémonie d’ouverture s’est achevée avec la visite de l’exposition des dessins d’art et de tenues traditionnelles par le ministre et les invités.
LE DÉBUT DES HOSTILITÉS
Peu après 20 heures, le maître de la cérémonie, invita le groupe de Kri-Kri, le premier groupe à monter sur scène. Tenue de circonstance, concentration maximale que trahissaient les traits de leurs visages, les ambassadeurs de Kri-kri entonnèrent leur chanson au pied du podium en a capela, puis avancèrent et gravirent le podium dressé pour la circonstance. Là, ils entamèrent un tour de chants et  de rythme. Pendant 20 minutes d’horloge, les chansons, les musiques et la danse se sont harmonieusement mêlées donnant une ambiance de feu pleine d’émotion. Il faudrait rappeler que la  danse à été l’ inovation de l’édition 2009. De l’avis des organisateurs,  la promotion de la musique Kétékpé doit s’accompagner de celle de la danse. Ainsi chaque groupe en compétition devrait-il présenter 4 danseurs 2 filles ou  et 2 hommes.
Les groupes se sont succédé dans l’ordre de passage tiré au sort. Entrecoupées d’intermèdes des groupes hors compétition, les prestations des groupes ont été accueillies par des acclamations mais aussi par  des désapprobations du public quand il le fallait pour certains : Oh ! la liberté. Le public, le grand juge du Festival faisait connaître son humeur à chaque passage.  Mais le gros du travail est revenu au jury composé de deux chefs traditionnels, le chef OURO AGOUDA de Kparatao et le chef ABI de Lama-tessi, d’un universitaire, M. LAMANY, proviseur du grand Lycée Moderne de Sokodé et d’un artiste de la chanson moderne, BIBISH Mola, sous la supervision de Maitre OUMOROU Aboubakar.
A côté du stress et du suspense des groupes en compétition,  Les groupes en off ont fait vibré la foule. Le  mangeur de feu d’Alédjo, les danseurs de feu ou T’Bol de Bassar et  la superstar Irou Mila, champion du FESTEKPE 2008 ont plongé la foule dans une liesse indescriptible.
C’est peu  après 23 heures que  les rideaux sont tombés sur cette première journée du Festival.

SAMEDI 5 DECEMBRE, LE PUBLIC RESTE SUR SA SOIF, MALGRÉ LA MAGISTRALE PRESTATION DE IROU MILA
La compétition s’est poursuivie avec le passage de 9 groupes. La foule de ce matin était plus nombreuse que celle de la veille. Bon nombre de ceux qui ont suivi le festival en direct la veille sur les antennes des radios locale n’ont pas voulu se faire conter. Ni le soleil de plomb, ni la longueur des prestations (puisque admirables) n’ont entamé la détermination de ce nombreux public à aller jusqu’au bout de l’événement.
Ce charmant public a été gratifié des prestations plus longues et plus nourries de la superstar Irou Mila. Mais comme on ne se lasse jamais de ce qu’on aime ou de ce qui est bon, le public en voulait encore et davantage : Irou Mila…… Irou Mila……., scandait-il. Mais hélas, mêmes les plus belles choses ont une fin. Lorsque les modérateurs Mohamed Tall et Bodé  Tchakoura annoncèrent la fin du programme de la journée, sous le coup de 14h30,  le public resta incrédule. Il n’eût cru pas qu’une si belle fête pouvait s’offrir une pause. Le public resta sur sa soif et en guise de consolation ne quitta pas l’aire du festival. La magistrale prestation de Irou Mila n’a pu satisfaire entièrement les milliers de spectateurs. Rendez-vous fut pris pour le lendemain pour la finale, l’apothéose de cette fête de la musique.
Dans l’après midi, une  visite des lieux touristiques de la région  fut organisée : ainsi,de la faille d’aledjo en passant par le centre des tisserands de la ville de Bafilo jusqu’ au village de Kpassouade, rien n’a été laissé au hasard.  
 
DIMANCHE 6 DECEMBRE : LA FINALE, L’APOTHÉOSE  OU LE SACRE DU FESTIVAL
Comme un aire du déjà vu, très tôt le matin, le nombreux et fidèle public du Festival commençait par prendre d’assaut le terrain de Komah 1. Chacun voulait décrocher une place assise, une bonne place pour vivre les moments palpitants de la finale.
C’est vers 8h30 que les 7 finalistes qui sont : Soule Bonangana de Tchawanda, Saibou Nyntche  de Bowounda, Fati Koli, de Bola  Fezire de Agbandaoude, Vis-à-vis de  Soudou, Bngbabou de Tchawanda et Yaminou Koni na na de Kemeni ont pris place dans les loges des finalistes.  Dans ces loges, la pression monte, chacun des sept finalistes espèrent soulever le trophée. Sur le visage des artistes on lit la rage de vaincre, l’ambition, la détermination en même temps que l’angoisse.

Ce ballet du public et des artistes consacre la maturité du Festival, son implantation définitive, sa qualité artistique, son originalité, sa diversité et sa popularité.

Au cours de la finale âprement disputée chacun s’était régalé des prestations très serrées, où, tour à tour les sept prétendants se sont surpassés. Dans la partie vocale ou chantée, ces poètes ont dépeint la société,  ses tares et ses vertus. Ils ont chanté  la vertu  du travail, l’importante de l’école, la prévention des maladies sexuellement transmissibles telles que le SIDA, le paludisme et autres, évoqué les problèmes de genre, la protection des enfants etc. Dans la partie à la fois chantée et dansée aux sons de la percussion, maracas, gong, caisses etc. chaque groupe a démontré un savoir faire et une inspiration qui à eux seuls restent une garantie de la pérennité de ce Festival. Et comme le dirait l’autre, l’expérience faisant la différence, le répertoire des uns et des autres, la tenue sur scène, l’harmonie, tous ces critères ont permis au jury de se prononcer non sans difficulté aucune. A la fin, un seul champion pour FESTEKPE 2009 : SOULE BONAGANA de Tchawanda, qu’ont suivi Bingbabou de Tchawanda et Yaminou de Kemeni

En marge de la compétition, le nombreux public a visité l’exposition de tableaux d’art plastique présenté par El-Adj Ibrahim Ayéva et Olivier, les vêtements de tissage confectionnés par l’association des Tisserands de Tchaoudjo,
La cérémonie de clôture du festival a été présidée  par le Préfet de Tchaoudjo, représentant le Ministre de la Culture : discours de clôture, remise des trophées, des certificats de participation et des enveloppes dans une ambiance de liesse populaire.
Comme une tradition, le soir du dimanche, le festival s’est déplacé sur la cour royale de Komah 2 pour le bal populaire animé par les trois premiers, bal dénommé “ Nuit des lauréats “,.  Celui-ci, à l’image de tout le festival, a tenu toutes ses promesses. Vieux, vieilles, vieillards, adultes, jeunes et   enfants étaient au rendez-vous. De 21h30 à 0h30. Le public a dansé au rythme du KETEKE, le rythme du terroir. Sourire aux lèvres, joie incommensurable, les visages étaient illuminés par les chansons, la musique et l’ambiance féerique.

Aux derniers sons du tam-tam parlant disant au revoir  à tous les participants, au dernier écho de la vieille cantatrice remerciant les ancêtres d’avoir protégé tous les participants à la fête, l’atterrissage se produisit en douce. Ce public qui a voyagé à bord du vaisseau Festékpé est revenu sur terre. 
Le  silence habituel retomba sur Komah, Sokodé, Tchaoudjo, Assoli, Kri-Kri, Djarkpangan, Fazao, sur tout  le territoire Tém. Les regards sont tournés vers le quotidien. Le rêve est terminé faisant place à une lourde ambiance de tristesse teintée de reconnaissance aux organisateurs du FESTEKPE : « Merci de nous avoir offert du bonheur, que Dieu Vous bénisse » disait une femme quadragénaire.
Comme par compassion et  pour lui donner un autre souffle de vie, Togo Culture Plus  répond à cette digne femme du terroir en lui disant : « Rendez-vous  les 10, 11 et 12 décembre 2010 »  pour le FESTEKPE 2010, le marché du bonheur rêvé.


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Dernière modification: 26.01.2010 à 19:57

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